TOUR DE CARTES THÉÂTRAL
Un exemple montrant comment un simple tour de cartes mathématique, généralement présenté comme un effet de close-up destiné à une ou deux personnes, peut devenir une routine théâtrale de stand-up d’environ huit minutes, avec une forte participation du public.
Une idée à garder à l’esprit pour de nombreuses autres routines.
Présentation
Le magicien se rend dans le public et demande à douze spectateurs de choisir chacun une carte dans un jeu qu’il a mélangé et qu’il leur présente.
Les douze personnes sont invitées à se lever.
Le magicien (ou mentaliste) demande à l’une d’elles de désigner une autre personne parmi celles qui sont debout. Elle choisit, par exemple, Alex.
Alex est invité à monter sur scène. Ensuite, une autre des onze personnes restantes désigne à son tour quelqu’un. Elle choisit Bé, qui rejoint également la scène.
Une troisième personne désigne ensuite Chloé.
Enfin, une quatrième personne, Diederik, probablement le plus amusant du groupe, se désigne lui-même et rejoint les trois autres sur scène.
Elke, l’une des douze personnes ayant choisi une carte mais n’ayant pas été sélectionnée pour participer sur scène, est invitée à récupérer les huit cartes restantes dans le public et à les apporter devant, avec sa propre carte.
Le magicien lui remet alors le reste du jeu, soit quarante cartes (les cinquante-deux cartes du jeu moins les douze cartes choisies). Elke tient donc maintenant quarante-huit cartes : les huit qu’elle vient de récupérer, plus les quarante remises par le magicien.
Les quatre participants montrent la carte qu’ils ont choisie.
Elke doit maintenant distribuer des cartes à chacun d’eux, à partir de son paquet de quarante-huit cartes.
La distribution suit une règle très précise : chaque participant reçoit un nombre de cartes qui, ajouté à la valeur de sa carte, donne dix. L’As vaut 1 et toutes les figures (Valet, Dame, Roi) valent 10.
Si Alex a choisi un 6 de carreau, il reçoit quatre cartes (6 + 4 = 10).
Si Bé a choisi un 3, elle reçoit sept cartes.
Si Chloé possède un Valet de pique, elle ne reçoit aucune carte, puisque les figures valent déjà 10.
Enfin, si Diederik montre un 2 de cœur, il reçoit huit cartes.
Elke additionne ensuite les valeurs des quatre cartes choisies.
Dans notre exemple :
6 + 3 + 10 + 2 = 21.
Le mentaliste affirme alors pouvoir révéler quelque chose à propos de la 21ᵉ carte du paquet restant dans les mains d’Elke.
« C’est une carte rouge », annonce-t-il.
Évidemment, ce n’est encore qu’une chance sur deux.
Il précise alors :
« C’est un carreau. »
Une chance sur quatre… toujours pas extraordinaire.
Puis il affirme avec assurance :
« C’est la Dame de carreau. »
Elke compte jusqu’à la 21ᵉ carte…
Et c’est effectivement la Dame de carreau !
Explication
Après avoir mélangé le jeu, le magicien regarde discrètement la carte située sous le paquet et la mémorise. Dans notre exemple, il s’agit de la Dame de carreau.
Lorsque les deux paquets sont réunis, le paquet de quarante cartes du magicien est placé au-dessus des huit cartes récupérées par Elke.
C’est la seule manipulation de tout ce tour, qui est ensuite entièrement automatique.
La Dame de carreau, qui se trouvait initialement au-dessous du jeu, occupe alors la neuvième position à partir du bas lorsque les paquets sont réunis.
Le reste du tour fonctionne de lui-même.
Si la somme des quatre cartes choisies est égale à N, alors la Nᵉ carte du paquet restant dans les mains d’Elke sera toujours la carte qui se trouvait initialement au-dessous du jeu.
Dans notre premier exemple, cette somme vaut 21.
Elke a distribué :
4 + 7 + 0 + 8 = 19 cartes.
Quatre cartes ont été retirées du jeu (celles des participants), auxquelles s’ajoutent les 19 cartes distribuées, soit un total de 23 cartes retirées du paquet de 52.
Il reste donc 29 cartes.
En comptant jusqu’à la 21ᵉ carte restante, on obtient bien la carte qui occupait au départ la dernière position du jeu, puisque :
23 + 21 = 44.
Deuxième exemple
Les quatre cartes choisies sont :
9, 5, 6 et 8.
La somme est 28.
Pour compléter chaque carte jusqu’à dix, Elke ne distribue que 12 cartes.
Au total, 4 + 12 = 16 cartes ont quitté le jeu.
En comptant jusqu’à la 28ᵉ carte restante :
16 + 28 = 44.
Dernier exemple
Les quatre cartes choisies sont :
-
un Roi,
-
un 10,
-
un 7,
-
un Valet.
La somme vaut :
10 + 10 + 7 + 10 = 37.
Elke ne distribue alors que trois cartes pour compléter les quatre valeurs jusqu’à dix.
Sept cartes seulement sont donc retirées du jeu :
4 cartes choisies + 3 cartes distribuées = 7.
En comptant jusqu’à la 37ᵉ carte restante :
7 + 37 = 44.
On retrouve à nouveau la carte qui se trouvait initialement sous le paquet, désormais en neuvième position à partir du bas.
Ce principe est souvent présenté comme un simple tour de comptage à réaliser à table avec un ou deux assistants, et beaucoup de magiciens le considèrent avec le même intérêt que le célèbre « tour des 21 cartes ».
Pourtant, présenté de cette manière, ce simple tour mathématique devient un véritable numéro de théâtre occupant toute la scène, avec six véritables acteurs (Alex, Bé, Chloé, Diederik, Elke et le magicien), tandis que les sept autres spectateurs participent eux aussi quelques instants.
Voilà ce que l’on peut appeler une véritable montée en gamme d’un effet.
Bonne réussite !
Mikki Moon

